Le Projet

Le Fort Dugommier, une des composantes du paysage de Collioure
Le Fort Dugommier, une des composantes du paysage de Collioure

Vue de la pointe du poste avancé - Nord
Vue de la pointe du poste avancé - Nord

Représentation du Fort Dugommier de Collioure par Duffy
Le Fort... par Duffy

Représentation du Fort Dugommier de Collioure par Matisse
... et par Matisse






































L’ENVIRONNEMENT DU PROJET

La prise en compte du patrimoine culturel et naturel comme instrument d’une politique d’aménagement du territoire date des années soixante-dix. Son utilisation comme moyen de développement d’une économie locale est plus récente. La mise en valeur touristique du patrimoine est apparue comme une modalité à ne pas négliger.
C’est ainsi que les interventions de l’Union Européenne, des Etats, des collectivités territoriales et des communautés locales ont porté sur des opérations de toute taille et de toute nature depuis les aménagements de sites et les réhabilitations jusqu’aux plans de développement régionaux, voire inter régionaux, comme les programmes LEADER et INTEREG .
La valorisation touristique du patrimoine est aujourd'hui reconnue comme un instrument usuel du développement local.
Les contreforts littoraux des Albères sont depuis l’antiquité un lieu de passage des migrations, invasions, échanges par terre et par mer, entre la péninsule ibérique et la France. L’intérêt stratégique du site a induit un réseau d’ouvrages de fortifications défensives et de surveillance. Ils constituent un véritable chapelet et représentent un des éléments les plus remarquables et les plus identifiables du patrimoine bâti de la Côte Vermeille :

« Très exposé aux intempéries et isolé, le Fort est vulnérable. Il faut donc penser à sa remise en état progressive afin d’assurer sa pérennité et enrichir le patrimoine de la commune ; aussi la volonté de créer à l’intérieur des murs un atelier d’artiste, une galerie de peinture et un logement de fonction pour la surveillance des biens. Ceci est indispensable, il faut y voir :
• un intérêt culturel
• un intérêt économique
• un intérêt touristique
• un intérêt sécuritaire ».

L’association FD2C (Association Fort Dugommier De (2) Collioure) a été créée pour la revalorisation, la restauration et la réhabilitation du Fort DUGOMMIER de COLLIOURE en s’appuyant sur le mouvement culturel qui a marqué la ville, notamment le mouvement pictural du début du siècle.

Le Fort Dugommier occupe une crête stratégique au dessus de Collioure et de Port Vendres. Si les visiteurs d’aujourd'hui s’extasient devant la beauté du panorama, les stratèges du XIXème siècle se souvinrent que, pendant les guerres franco-espagnoles de l’époque révolutionnaire, cette éminence avait donné aux assaillants une position dominante sur le Fort Saint Elme.
Cet édifice très imposant est composé d’un bâtiment central construit sur le rocher, fortifié (avec la présence de vestiges d’un crénelage en cayrous) et possédant des caves et des souterrains creusés dans la masse du rocher.

Cet ensemble est ceinturé d’un large fossé de douze mètres de large, en partie lui-même creusé dans le roc, lui-même bordé d’un large glacis aménagé sur la pente naturelle du talus et maçonné sur toute son emprise (blocs de schiste liés au mortier, sommet en cayrous).

Le mur qui limite le fossé, côté talus, et le talutage extérieur sont bien conservés sur tout le pourtour. Un pont enjambe le fossé à l’est et est défendu par un petit poste avancé lui aussi fortifié. Une barbacane à deux ponts-levis, et un exceptionnel glacis empierré complètent encore le dispositif.
Il est vraisemblable qu’une tour couronnait le cœur de l’ouvrage mais qu’elle a été rasée. Un magnifique glacis entoure l’ensemble, en particulier sur le versant de Collioure.

Les vestiges conservés encore à ce jour sont très spectaculaires et méritent d’être restaurés pour éviter des dégradations qui s’annoncent rapides.

Monsieur l’architecte des Bâtiments de France et chef du Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine, indique dans un rapport : 
« Or précisément l’ensemble des enceintes est dans un état alarmant : le corps du bâtiment central est presque entièrement ruiné et les murs d’enceinte d’escarpe et contrescarpe sont gravement disloqués à plusieurs endroits.
En fait le Fort sert de carrière de pierre depuis longtemps à des gens sans scrupule, ce qui a certainement contribué à l’aggravation des désordres actuels, et peut-être même la démolition du corps du bâtiment central.
La route de crête qui permet d’accéder au fort a d’ailleurs été ouverte à travers le glacis sud.
La commune de Collioure est parfaitement consciente de cet abandon et des risques induits, et a accueilli très favorablement le projet de restauration envisagé par l’Association du Fort Dugommier de Collioure, présidée par M. Marc-André 2 FIGUERES, plasticien, professeur à Paris.

L’association souhaite par la suite s’attaquer à la sauvegarde de l’édifice, en enrayant le phénomène de ruine dans un premier temps, et envisage l’ambitieux projet de reconstruire le corps de bâtiment central détruit, pour retrouver le volume et redonner la silhouette de l’architecture d’origine. »

LE PROJET

Dans un premier temps le but est d’appréhender et d’investir le corps de garde et les souterrains réhabilités afin de les aménager en atelier d’artistes et en lieu d’exposition dans l’emplacement si particulier du Fort Dugommier.

Il s’agit de proposer d’autres manières de créer, en associant à l’Art des techniques scientifiques de pointe qui permettent d’ouvrir des champs nouveaux.

Ultérieurement un centre de recherche aura pour mission d’investiguer des nouveaux territoires de l’A.R.T.S. Espace interdisciplinaire (Arts, Recherches, Technologies et Sciences) en particulier des nouvelles technologies solaires, éoliennes et des propriétés des matériaux photosensibles.
La création d’un pôle artistique (atelier d’artistes et galerie de peinture) dans les murs du Fort Dugommier est d’intérêt général pour la commune, à plusieurs titres :
un intérêt culturel complétant les différentes activités et animations existantes à Collioure et dans le département
un intérêt économique favorisant l’apport de ressources pour la rénovation des murs
un intérêt touristique, permettant au grand public la découverte d’un site, associée à celle d’un monument singulier, témoignage de l’histoire locale
un intérêt sécuritaire, permettant par un réaménagement du site et de ses abords de mettre en place les équipements et signalisations indispensables pour la sécurité des visiteurs et des promeneurs (fossés élevés, murs instables, chutes de pierre etc.)

Il semble difficile de distinguer les deux types d’opération dans la mesure où la restauration et la réhabilitation sont interdépendantes. Par la restauration, le Fort Dugommier retrouve ses espaces et son aspect mais demeure une « coquille vide », ne pouvant justifier par sa seule qualité architecturale les investissements envisagés. La réhabilitation et donc une certaine fonctionnalité viennent compléter l’action sur cet édifice et ainsi « légitimer » l’ensemble restauration/réhabilitation.

Les dernières estimations, basées sur l’état des lieux dressé par Monsieur l’architecte des Bâtiments de France, réalisées par Madame Florence BABICS Architecte du Patrimoine font apparaître clairement cinq tranches que nous pouvons regrouper sous trois rubriques :

La restauration : une tranche immédiate de sauvegarde du Fort Dugommier consistant en des travaux de consolidation du bâti. Et une seconde tranche pour la réfection des glacis et d’éléments de fortification.
L’aménagement des douves, des souterrains et de la plate-forme supérieure.
La viabilisation par le raccordement au réseau d’EDF et des autres réseaux.